Dans le Kabaret de la dernière chance, écrit avec Pierre Barouh en 1985, alors que le Chili est encore sous la botte de Pinochet, par le biais d’une troupe d’artistes de cabaret. Oscar Castro revisite sa mémoire et l’inscrit dans l’histoire du pays.
le Kabaret de la dernière chance, créé en 1985 au Bataclan à Paris, a été joué dans de nombreux théâtres et festivals, en tournée en France et à l’étranger, en Europe, en Amérique Latine et au Japon, où Pierre Barouh l’a créé en version japonaise.
L’écriture théâtrale des personnages du spectacle se prolonge désormais dans le roman. Sur le fond de l’histoire du Chili, de ses épisodes tragiques, Oscar Castro engage un jeu troublant entre le réel, les souvenirs, les faits autobiographiques et la fiction. Dans un langage truculent, imprégné de couleur populaire, mêlant le récit au dialogue, avec un art consommé de conteur, un admirable sens du suspense, un humour caustique, surréaliste, Oscar Castro nous promène dans le temps et l’espace. D’un camp de déportation sous la récente dictature militaire au village mythique de Pelekén dans le nord du Chili, et son fameux Kabaret de la dernière chance qui, la nuit mémorable du passage de la comète de Halley en 1911 a reçu la visite du Président de la République du Chili, pour nous projeter enfin à Paris où son avatar Aceituno et sa complice la Môme Bijou accomplissent leur rêve de théâtre sans que leur quête de la vérité cesse pour autant.
La véritable histoire du Kabaret de la dernière chance n’est pas tant un règlement de comptes avec le passé qu’un réquisitoire contre l’oubli. Irène Sadowska Guillon