Jean-Marie Berthier est né à Marseille, le 25 juin 1940, jour de l'armistice. Est-ce pour cela, aussi, qu'il n'a jamais accepté la défaite, l'injustice sous toutes ses formes, y compris celle de la mort accidentelle de ses deux premiers enfants ? Ce n'est pas impossible.
Professeur de français sur les cinq continents, il a beaucoup appris des différentes civilisations qu'il a côtoyées pendant ses séjours à l'étranger. Une conviction l'anime, qu'il essaie de faire partager, à l'occasion de ses rencontres avec les jeunes, ou lors de ses ateliers d'écriture : il y a partout dans le monde, dans les îles et les déserts, dans les villes et les forêts, des hommes et des femmes dignes d'estime et d'admiration, il y a partout dans le monde des trésors d'humanité à découvrir et à aimer.
Pour lui, la poésie n'est pas une douce rêverie, même s'il en goûte souvent la tendresse, c'est avant tout le plus sûr moyen d'approcher les grands mystères de la vie, de l'amour et de la mort. C'est aussi, lorsque les temps l'exigent, une résistance farouche à l'inacceptable, comme l'ont montré, pendant l'Occupation, des poètes tels que Pierre Seghers, Louis Aragon, Paul Eluard, René Char, et tant d'autres...
De la "Traversée des Pierres" au "Guetteur est aveugle", en passant par "La cinquième Saison", le lecteur pourra suivre, à la trace des jours et des nuits, un homme toujours à la recherche de la beauté - en dépit des grands froids qui ralentissent parfois sa marche - et qui affirme que "la mort ne doit pas mourir".
J'écris l'espoir
à marée bleue
dans le roulement
de tambour
de la haine
afin que se taise
la chienne
qui hurle à la vie
sur l'os étincelant
de la nuit
J'écris l'envie d'écrire
et sur le sable
les pas
sont des feuilles
d'oliviers ressuscites
d'entre les siècles