Daudet nous invite à la billebaude. D'une plume à la
fois fine et réaliste, il restitue toutes les émotions
d'une journée de chasse : quelques amis, une gibecière et
un casse-croûte, il ne reste plus qu'à se laisser envoûter
par les lumières, les bruits, les odeurs du petit matin. De
«La Chasse en Camargue», extraite des Lettres de mon
moulin, nous passons aux Prodigieuses aventures de Tartarin
de Tarascon. Le héros, Méridional haut en couleurs, incarne
jusqu'à la caricature tous les excès d'un Don Quichotte
chasseur. Bien sûr, Daudet force le trait. Tout au long de
cette picaresque épopée, son humour, souvent caustique,
s'exerce aux dépens de tous ceux qui peuplent son livre.
Toutefois à plus d'un siècle de distance, la morale de ces
histoires est plus vraie que jamais : «La chasse vaut mieux
que la prise».
D'authentiques témoignages de chasse au lion en
Algérie, extraits des mémoires d'Henri Béchade et de Jules
Gérard, chez qui Daudet puisa de nombreux éléments
pour son Tartarin, complètent utilement cette édition, où
la chasse sert de lien littéraire et s'inscrit dans une même
veine terrienne.