Le projet initial de l'auteur était d'extraire de l'ouvrage de l'abbé Célestin Allibert
Histoire de Seyne, de son bailliage et de sa viguerie tout ce qui concerne Montclar et
de conduire ce travail des origines jusqu'à nos jours. C'était sans compter avec la
découverte aux archives départementales de Digne de dix-neuf gros registres des
notaires qui se sont succédé à Montclar de 1629 à 1779. Le notaire de village, à
cette époque où beaucoup de gens ne savent ni lire ni écrire, est un véritable
écrivain public qui recueille tout ce qui fait la vie quotidienne de la communauté
et des villageois. L'auteur s'est trouvé en présence d'une masse considérable d'informations
qu'il a mis plusieurs années à inventorier, trier, classer. Les trois ou
quatre auteurs qu'il comptait solliciter et dont les ouvrages étaient sur sa table de
travail ont été soudain bousculés par des centaines de témoins qui ont fait irruption
dans la pièce et qui tous avaient des choses à dire et voulaient être écoutés.
Devant tant de témoignages, l'auteur a dû se résoudre à réduire ses ambitions et à
arrêter cette chronique à la veille de la Révolution, invitant d'autres chercheurs
plus jeunes et plus compétents à approfondir et poursuivre ce travail.
L'auteur avoue avoir eu beaucoup de joie à fréquenter ces hommes et ces femmes
du passé qu'il a tirés de leur sommeil et à qui il a rendu la parole pour un peu de
temps : «Quand je parcours les chemins de la commune ou que je traverse ses
hameaux, j'ai un autre regard, j'ai d'autres sensations, j'entends des harmoniques
qui ne vibrent que pour moi.»
Puisse le lecteur traverser lui aussi le miroir et retrouver les gens de Montclar les
deux clochers. Pourquoi ce titre ? C'est à découvrir dans ce livre.