roman
De même que, toujours, l'on rêve de retour, que l'on refait le rêve semblable et cher de notre errance, de même s'étale en l'âme, une fois, un même paysage, sur les terres de la mer, et les moissons du ciel, un champ de blé ou d'or peut-être, parsemé de coquelicots soyeux, sanglants et palpitants toujours, tels ceux d'absence et de silence.
De même, Taunoa me crie quelque chose sur le dédale des années, et si je n'entends pas son langage, je connais la morsure de ce cri, l'intolérable appel auquel il faut répondre, le chant mystérieux sur la mer des années.
Seulement, derrière la façade et derrière la pauvre image visible, derrière l'écran de fragile apparence, se creuse cet affolement qui me somme de partir, qui me demande de m'en aller, doublant le chant du retour d'une immense et fugitive douleur.