La «drôle de guerre», de septembre 1939 à juin 1940, fut l'occasion pour le sapeur du 4e génie Giroud de découvrir des personnages divers confrontés comme lui à l'absurdité de la guerre, à des situations cocasses. Et le jeune pédago d'alors, devenu soudain troufion rebelle, a tenu au jour le jour un carnet de route dont il exhume les principaux feuillets soixante années plus tard. Selon les jours, c'est drôle, caustique, pathétique et, pourquoi ne pas le souligner, ces lignes nous réservent parfois un apport historique incontestable. Pas d'histoire avec un grand H, mais on baigne dans une ambiance faite de fraternité chaude ou d'illusions déçues.
Le célèbre éditorialiste du Canard enchaîné, Morvan Lebesque, a salué ce journal d'André Giroud (qui fut aussi un collaborateur talentueux du Progrès de Lyon) comme une œuvre de grande qualité, parce qu'elle est vraie, respire l'authenticité du moment, et est écrite par une plume libre, non conformiste, alerte, et derrière laquelle se cachent une sensibilité à fleur de peau et une grande tendresse.