Mais le mauvais rêve est le contraire du cauchemar : on ne s'en remet pas. On a beau dormir, au réveil, c'est toujours pareil : " ça " continue. Le réel persiste... et signe votre ordre d'emprisonnement dans un monde étranger dont vous ne voulez pas. Le mauvais rêve, c'est quand, dans le réel, on n'a plus le sentiment de la réalité. Ne reste que l'immanence d'un ici qui sera toujours " bas ", comme le toit d'une prison. Oui, l'immanence devient prison quand son champ n'est plus qu'opacité. Prison, car peuplée de projets ruinés, sans nouvelles directions, sans espoir de remise de peine. Prison, car basse fosse de l'insituable. Quand on ne sait plus où l'on est, on ne sait plus où l'on en est. Condamné à vie à vivre un cancer du réel. Le mauvais rêve, c'est quand on ne peut pas y croire et que c'est pourtant vrai.