Dans ce pays, au nom fleurant bon la femme - la Guinée (Conakry) -,
ce sont les enfants, d'abord, qui ont joué aux va-t-en révolutions. Leurs
mamans, de fières amazones, se sont si bien mobilisées pour le triomphe
desdites causes que leurs papas ont vite obtempéré, eux aussi !
La Grande Révolution, elle, a été décrétée par celui qui s'est octroyé le
droit d'en être «Le Chef Suprême», «Le seul Africain à avoir dit NON à
De Gaulle», un certain 28 Septembre 1958. Et la fraternité révolutionnaire
internationale : russe, roumaine, tchèque, polonaise, bulgare, cubaine,
chinoise... a poussé à la roue. Les farces de potaches, amplifiées par les
égarements périodiques du «Grand Stratège», l'excès de zèle de ses miliciens
et la fanatisation de ses militants, ont viré à la tragédie familiale et nationale...
«Orphelins de la Révolution» raconte ce qu'était «la perle de l'Afrique
Occidentale Française» surnommée par endroits la «Suisse africaine» ou
«les Vosges», la «Normandie» ou la «Savoie» et, surtout, ce qu'elle est
devenue vingt ans après la mort de Sékou Touré.
Sans exotisme ni misérabilisme, le récit donne à voir, à entendre, à sentir
et à ressentir sur les Guinéens. Et l'on réalise qu'il n'est pas illusoire d'espérer
un sort meilleur pour un des peuples les plus chaleureux d'Afrique de l'Ouest,
même si son pays a déjà tant dérivé qu'il semble s'être égaré de façon
dangereuse et durable...