En Limousin, au XIXe siècle, l'industrie fleurit au cœur des campagnes, quand nos pères travaillent à l'usine pour compléter les maigres revenus de leur modeste lopin. Plus tard, lorsque l'usine s'affranchit de la glèbe, une population ouvrière non négligeable se maintient dans nos villages et petits bourgs.
Ces ouvriers, femmes et enfants compris, vivent l'âpreté des temps difficiles : la journée de travail est longue, les accidents sont nombreux, le salaire, souvent maigre. Ils revendiquent de meilleures conditions de travail et découvrent, à travers les coopératives, une expression vivante de la solidarité.
Christian Madec restitue fidèlement cette vie harassante, dénuée de tout loisir, mais aussi mille et un détails sur les techniques, les machines, les corps de métiers, les habitudes vestimentaires, les transports, sans oublier les contraintes qu'imposait parfois une religion volant au secours du paternalisme ambiant.
Ce Limousin de jadis n'est pas seulement le royaume de la porcelaine, de l'émail et de la chaussure, mais une terre d'industrie aux multiples facettes : il a ses mines, ses papeteries, ses moulins, etc. Il connaît même, du côté de Bénévent-l'Abbaye et des monts d'Ambazac, une véritable ruée vers l'or ! ... Lorsque s'éteindront les haut fourneaux, l'ère des tanneries et mégisseries assurera le relais. Songez encore à l'ardoiserie corrézienne, à l'industrie textile diversifiée, à celle du bois, du bâtiment et de l'alimentation, à la tapisserie, au travail du diamant.
Par son exceptionnelle valeur iconographique et la richesse du commentaire, cette œuvre enchantera les cartophiles et tous les amis de l'histoire vivante de notre région.