Cet ouvrage vous propose un voyage dans le temps. Au-delà de la seule histoire d'un hôtel parisien disparu l'hôtel de Mellon cet ouvrage est l'histoire d un pré, du bourg de Saint-Germain, d'une pièce de terre, avant que ledit hôtel n'existe, lorsqu'en son emplacement n'était qu'un pré, désigné comme une terre labourable. Ce livre s'appuie essentiellement sur des documents originaux d'archives publiques et privées. Permettant, notamment, de remonter la filiation des propriétaires de ce qui sera l'hôtel de Mellon, 45 et 45bis rue de Grenelle, jusqu au plus loin : le censier de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés en 1355 et jusqu'à sa destruction en 1907. Cet ouvrage nous offre donc un voyage sans limitation de discipline, nous permet de revivre une histoire familiale, particulière qui appartient aussi, à celle plus générale de l'Histoire, de la topographie parisienne, de l'architecture, des arts décoratifs et de la sociologie. Jean Delay, en 1979, avait ouvert cette voie aux confins de ces diverses disciplines. Sa singulière entreprise d'historien, l'amena notamment à rechercher dans les minutiers des notaires tout ce qui concernait ses ancêtres parisiens au long de cinq siècles. Transcendant la généalogie, il a donné par-là, sous le titre d Avant-Mémoire, d'Une minute à l autre, une étonnante fresque de sociologie urbaine. Cet ouvrage a donc l'ambition d'être dans cette ligne et a tenté d'en étendre, le plus possible la porter, l'ampleur, notamment grâce aux nouvelles technologies. Nous sommes au XIVe, puis XVe, puis au XVIe siècle ; là, un homme, puis un autre, puis un autre, suivant ces traces, suivant ces pas, se rendait à Paris, ou en venait, par son faubourg, via l abbaye et le bourg de Saint-Germain-des-Prés, d autres ont suivi les mêmes traces, formant un sentier, puis un chemin, le chemin de Grenelle. Paul Morand écrivait que Paris est un labyrinthe, aux parois si étroites que l'on peut s'entendre respirer, sans jamais se rencontrer. J'espère que ces pages seront suffisamment évocatrices, pour que le lecteur puisse aussi « entendre respirer » ces personnages, ces temps, ces lieux engloutis.