Dans ce recueil où les érudits locaux voisinent avec les plumes de Claude Seignolle, Pierre Dubois ou Gilles Lapouge, il est bien question de merveilles – loup-garou, esprit malin et représentant malicieux du petit peuple en tête, de diable et de mystères. On y croise Sherlock Holmes, Cazotte, Collin de Plancy, Victor Hugo, Gérard de Nerval, Charles Nodier. On y visite le très excentrique théâtre scientifique du Stulugatnuch et ses animaux improbables histoire surnaturelle. On y apprend enfin l’existence d’une mystérieuse société secrète dans la capitale des sacres : LE CÉNACLE TROGLODYTE et celle d’un Grand Colporteur qui recommande à l’éditeur de « pimenter ou mieux d’empoisonner l’imagination de ses lecteurs ». Éric Poindron a suivi ce conseil et constitué avec ses complices une sorte de légendaire noir de la Champagne-Ardenne qui la transforme en un bien savoureux terroir fantastique. Inspiré par Borges, les récits des premiers explorateurs de la Haute-Asie, et la riche histoire de Reims, Le Labyrinthe de Craie ou les secrets du Clementicum, n’est qu’un des nombreux textes du collectif dirigé et édité par Eric Poindron, Mystères, diableries et merveilles en Champagne Ardennes et dans le reste du monde, paru aux éditions du Coq à l’Âne (Reims). Je ne sais plus vraiment qui de mon pseudonyme ou de moi-même a vraiment écrit ce texte, et en le lisant j’ai du mal à faire la part entre une éventuelle légende et des faits réels qui sont pourtant aisés à vérifier. Le volume de ces Mystères, est tout entier dans cette hésitation, dans ce balancement très borgésien entre le rêve et la connaissance, un volume servi par de belles plumes, certaines célèbres (Claude Seignolle, Gilles Lapouge, Bruno Doucey), d’autres plus anonymes ou discrètes, mais passionnantes à suivre. Un livre-encyclopédie entre imaginaire et histoire, que seules les éditions du Coq à l’Âne pouvaient réaliser