La maîtrise des dépenses de santé constitue avec la résorption du chômage et la disparition de l'échec scolaire l'une des priorités majeures de notre société. Souvent réduit à sa seule dimension comptable, le débat réclame d'être porté sur un autre terrain : celui du système de protection sociale français, avec pour base la solidarité, pour objectif le droit à la santé pour tous, et sans perdre de vue la liberté de chacun. La modification de ce système et son aménagement n'en sont pas moins urgents. Revenir à la fonction première de la protection sociale, c'est réfléchir à l'interrogation suivante : " Que signifie être en bonne santé aujourd'hui ? " Cette question est sociologique, industrielle, éthique et avant tout politique. Une partie de la réponse se trouve dans l'organisation de la médecine libérale, et peut-être plus encore auprès des généralistes, sensibles au besoin de réforme, et souvent précurseurs. Les médecins sont au cœur de ce quatrième numéro des Cahiers de Générations : comment exercent-ils, que désirent-ils, ont-ils anticipé une nécessaire mutation ? Pourquoi cette opposition entre généralistes et spécialistes ? Qui sont les nouveaux généralistes ? Leur formation initiale est-elle satisfaisante ? Et leur formation continue ? Et aussi : connaît-on bien la réalité sanitaire française ? A quoi sert un directeur de CPAM ? Pourquoi les bienfaits, y compris financiers, de l'hospitalisation à domicile tardent-ils à s'imposer ? En somme, peut-on guérir la santé avec ou sans les médecins ? Et à quelles conditions ?