Comme Jean-Baptiste Buisson, défrayant la
chronique des années 1950 - un père dont je découvrirai
l'âme véritable un jour - j'aurais pu m'opposer
à la société. Ressemblant à ma mère - si peu connue
pourtant - j'aurai dévoyé notre don et, au lieu d'aider
et servir, je serais devenue manipulatrice. Mais je
les ai si peu vus. Etant enfant, j'étais placée et c'est à
une marâtre que j'ai eu affaire. Plutôt que protéger
mes premiers pas, cette femme m'a prise pour cible
d'une double vengeance, allant jusqu'à me coller à
elle à l'aide de menottes et m'obliger à creuser ma
propre tombe. Fallait-il alors devenir sadique ou
bien, marquée par ses prophéties, me supprimer ?
Non, j'ai beau avoir enduré des meurtrissures qui
dépassent l'entendement, j'ai tenu bon...
Je suis la fille du Nuss ; je veux rendre hommage
ici à cet homme : quel qu'il ait été au regard de
la société, il a payé sa dette et a été un véritable père.
A travers mon histoire, je voudrais que l'on
découvre dans l'intime les dégâts causés par le harcèlement.
Pensant à mon père, je veux affirmer que
j'ai choisi l'honnêteté et le courage.