Les chapitres 6 et 7 de ce troisième volume sont consacrés (!) aux
élucubrations de caractère divin touchant au père, au fils, à leurs
proches et leurs sbires militaires et civils, à la mère patrie et à la sainte
haine, au nom de quoi on "marche" à l'ennemi.
Dieu est l'alibi des maîtres : la guerre est divine.
Le sabre, la bourse et le goupillon s'allient pour donner aux pauvres
pécheurs une fin glorieuse et rédemptrice : on sauve son âme en
rachetant sur le champ d'honneur le soi-disant péché originel.
Le chapitre 8 traite de la guerre considérée comme remède à tous nos
maux et excipient définitif. Enfin, le chapitre 9 évoque les salopards qui
mouchardent ou trahissent. La connerie militariste s'y épanouit avec la
même splendeur.
Les paroles et les écrits - d'un cléricalisme primaire ou sophistiqué -
rapportés dans ces pages n'engagent que la seule responsabilité de leurs
auteurs, civils, militaires et religieux.
Puisse cette anthologie aider à décoder les discours actuels. Car si le
vocabulaire et la forme évoluent avec le temps, si la langue de bois
remplace la langue d'airain et d'encensoir, sur le fond ce sont les mêmes
propos qui nous sont tenus ou assénés. Simplement, ici et ailleurs,
au prétexte de civilisation et de religion ou d'héritage culturel, la
manipulation et l'intoxication gagnent en subtilité et en hypocrisie.