Elle ne rêvait que port d'attache, Mais seule la mer lui fut donnée, Elle vivait comme on se cache, Rêvant toutes portes fermées.
Des doux souvenirs de l'enfance, De ceux que jamais on n'oublie, Elle n'a retenu que l'absence, Du père beaucoup trop tôt parti.
Tu es mon petit rossignol, Lui disait-il quand elle chantait, Des tra-la-la pour paroles, Des tra-la-lère pour couplets.
La grande main qui la guidait, Un vilain jour ne fut plus là, Et le rossignol esseulé, A peu à peu perdu sa voix.
Les mois les années ont passé, Est arrivé le prince charmant, Elle s'est laissée déraciner. A traversé des océans.
Le beau pays trop grand pour elle, Ne lui a rien fait oublier. Elle voudrait comme l'hirondelle, Retrouver le nid déserté.
Si les rides du temps l'ont griffée, Son cœur n'a pas vieilli pourtant. Elle sait qu'il reviendra chanter, Le Rossignol de ses cinq ans.
Ce poème est le reflet de ma vie.
Ce livre en est le récit élaboré.