Nos connaissances sur l'Île-de-France
sont bouleversées par les découvertes
récentes, leur poids oblige maintenant à
reconsidérer la carte de l'Europe
celtique. L'implantation dès le début de
l'âge du Fer de groupes humains qui
évoluent dans la même ambiance que
leurs voisins orientaux amène à
reprendre nos hypothèses sur la genèse
et les mouvements des populations
celtiques. Le colloque de Paris et Saint-Denis
présente un large échantillon des découvertes
récentes : des apports méthodologiques originaux sur les
puits et de façon plus générale sur les bois gorgés d'eau et
les restes végétaux. L'analyse de la production végétale et
de la gestion des ressources ligneuses constitue une
contribution à l'histoire générale de l'exploitation du milieu
qui est nouvelle : en effet nous sommes ici dans une région
riche, exploitée intensément par l'homme depuis la
naissance de l'agriculture, où ce type de trace a été très
difficile à mettre en évidence. C'est pourtant bien là que
nous souhaitons avoir des réponses précises, pour mesurer
les variations de la production dans les zones les plus
favorables à une activité agro-pastorale. Ces découvertes
couvrent aussi bien le domaine des habitats que celui des
sépultures ou des sanctuaires. Nous voyons ainsi peu à peu
se reconstituer une image complète des activités humaines
de l'âge du Fer, la vie quotidienne, matérielle et spirituelle,
des individus, et la mise en scène qui est conservée dans
leurs sépultures. Toutes les couches sociales sont
concernées, des plus riches aux plus modestes. Toutes les
périodes sont appréhendées, du VIe au Ier s. avant J.-C.