Le soleil était sur le point de se coucher, quand nous achevâmes de descendre les nombreuses spirales de la montagne. Nous débouchâmes dans une large vallée, et nous aperçûmes à notre droite Lhassa, cette célèbre métropole du monde bouddhique. Cette multitude d'arbres séculaires, qui entourent la ville comme d'une ceinture de feuillage ; ces grandes maisons blanches, terminées en plate-forme et surmontées de tourelles ; ces temples nombreux aux toitures dorées, ce Bouddha-La, au-dessus duquel s'élève le palais du Talé-Lama..., tout donne à Lhassa un aspect majestueux et imposant.
A l'entrée de la ville, les Mongols que nous avions connus en route, et qui nous avaient précédés de quelques jours, vinrent nous recevoir et nous inviter à mettre pied à terre dans un logement qu'ils nous avaient préparé. Nous étions au 29 janvier 1846 ; il y avait dix-huit mois que nous étions partis de la Vallée-des-Eaux-Noires.
Quatre-vingt-cinq ans avant Alexandra David-Néel, deux missionnaires français, parviennent, après un long périple à travers la steppe mongole, à atteindre Lhassa, la capitale Tibétaine. Grand classique du XIXe siècle, le récit des pérégrinations des pères Huc et Gabet nous entraîne avec verve, bonhomie et humour, à la redécouverte de trois mondes à jamais disparus, une Mongolie sauvage, une Chine impériale, un Tibet interdit.