Cet essai, ayant nécessité un travail documentaire sérieux et conséquent, tente de réfuter une thèse proposée par Michel Foucault - et bien d'autres ! - démontrant que la médecine ne s'intéressa à la folie qu'à partir du XVIIIe siècle. La question n'est effectivement pas sans importance, encore que les commencements de la modernité (ou de la contemporanéité) sont loin de faire l'unanimité ! Pour asseoir sa théorie, l'auteur n'a pris en compte que deux types de critères : sociologie et médical, en partant de la plus acienne civilisation connue : la civilisation mésopotamienne. La clarté d'exposition, l'organisation sans faille de cette étude historique (et épistémologique) à allure d'érudition ; le style en touches délicates (empreint d'un fort réalisme) ne peut qu'inciter le lecteur à franchir, lui aussi, le pas dans un savoir qu'il ne naît pas, évidemment, ex-nihilo...