Le débat sur le sexe des marionnettes se
pose avec autant d'acuité qu'hier celui sur
le sexe des anges. Mais qu'attendre de l'honnête
Marie (racine du terme «marionnette» en français)
poussée par les fils de la Vierge ? Ou des
marottes un peu simplettes ? A-t-on jamais prêté
une sexualité à Guignol et à son comparse Gnafron ? Les propositions
théâtrales visant à débaucher la marionnette se singularisent
par leur humour, leur appétit, mais s'interdisent
les écarts de conduite. Le chantier de la libido des puppets
reste ouvert.
Surtout, Thanatos règne en maître sur l'univers des
pantins. Aussi sera-t-on tenté de vider le sac de cette faucheuse,
avec quelques incursions du côté du cinéma d'animation
tchèque, avant d'enfourcher ce qui menace de devenir un
dada : la question du genre chez les pantins. Il sera bien
temps, après, de faire intervenir la folie venant frapper à la
porte des ateliers, et de s'interroger sur la fonction de double
ou d'épouvantail, apte encore à faire fuir une partie du
public, intrigué autant qu'effrayé par la mise en branle des
objets.
M. B.