La question de l'érotisme chez
Kundera a captivé Marie-Eve
Draper, érotisme oscillant
entre deux inspirations philosophiques
du comportement,
le libertinage et le donjuanisme.
De Risibles amours à La
lenteur, elle passe au crible le
corpus littéraire de l'auteur
tchèque, dégageant différents
aspects dans sa façon d'envisager
l'érotisme des personnages.
Un rappel du contexte socio-historique des deux
mouvements tributaires de l'érotisme français du XVIIIe siècle
permet de mieux appréhender l'attitude existentielle des
héros de Kundera et de les situer dans un héritage culturel
qui définirait leur comportement. Quant à l'analyse des
romans eux-mêmes, s'en dégagent les grands thèmes de
l'image et de l'excitation comme «fondement de l'érotisme
kundérien», tandis que le dernier marque le début d'un
nouveau cycle romanesque. Par une confrontation de ces
deux types de libertinage, respectivement basés sur la
conquête et le plaisir, Kundera jette un regard critique sur
l'érotisme en lui-même, abordant dans le même temps les
questions du bonheur et de la liberté individuelle.