Aran, Cythère, Clipperton, Sainte-Hélène, l'île de Pâques,
l'archipel du Vanuatu, les Kerguelen, les Galápagos...
Protégées par la mer, gardiennes de trésors enfouis, les îles
de légende ont bercé notre enfance. Escales pour nos rêves
d'adultes, espoir des naufragés et des déracinés, sources
d'inspiration pour les artistes et les écrivains, elles incarnent
le lieu fabuleux des origines, le paradis perdu à retrouver.
Parfois insaisissables (îles à éclipses ou fantômes), souvent
imaginaires (dans les utopies politiques), elles ont prêté
leur cadre à des aventures mythiques (Ulysse, Robinson
Crusoé), engendré des sociétés originales et favorisé le
développement d'étranges espèces endémiques.
Les atolls de rêve cachent pourtant une face plus sombre :
terres d'asile, terres d'exil, les îles servirent aussi de lieux
de relégation pour les lépreux et les proscrits, de repaires
aux pirates ou de terrain d'expérimentation scientifique.
Elles attisent toujours la douce folie des hommes qui rêvent
de devenir rois. Telle est l'ambivalence des îles, funestes
ou bienheureuses, qui est déclinée par une quarantaine
d'auteurs dans ce numéro de Chemins d'étoiles.