Lumière d'argile
Un ouvrage qui consacre l'art au rang qu'il mérite, au rang le plus beau c'est à dire proche de chacun de nous. Fatma Omar choisit à juste titre la sculpture, cet art troublant qui seul permet de matérialiser la lumière, le temps, l'équilibre. Le héros de son roman, Settir, est cet artiste qui va chercher tout au long de sa vie à créer l'oeuvre à travers laquelle il se révélera à lui-même. C'est cette quête que Fatma nous raconte dans un style bien à elle, avec la poésie et la rigueur des grands conteurs moralistes. Le récit se déroule en Egypte il y a quelques siècles...
Voyage d'argile, de pierre, de marbre et de bois, autant dire merveilleux... Destination : bonheur... Arrivée : tout près de soi.
« Il se rappelait encore ces paroles et pensait que cette leçon de simplicité était l'une des plus belles que son père lui ait enseignée. Il lui manquait. Le manque, exalté, multiplié par l'absence, lui faisait physiquement mal. Ce trou dans le ventre lui était insupportable. Il vivait avec la souffrance et c'était ses mains qui en parlaient le mieux. Elles s'exprimaient par l'argile, soeur du granit qui recouvre le sol et que nos pieds embrassent tous les jours sans le savoir. L'argile blanche, la grise, la noire. L'argile était partout. »