Ce choix de poésies traduites du bulgare en français
tente de montrer comment les auteurs qui ont contribué
à introduire le sonnet dans la littérature, en Bulgarie, au
XIXe et au XXe siècles, ont voulu exprimer en cette
forme alors nouvelle mais difficile, «brève, exquise et
soignée», une émotion originale, lyrique chez Ivan
Vazov et Dimitar Polianov, pathétique chez Dimtcho
Débélianov, inquiète chez Stoïan Michaïlovski, enthousiaste
chez Kyril Christo, patriotique chez Constantin
Vélitchkov.
C'est peut-être dans les Sonnets de Constantinople,
dont le titre primitif était Tristesses et joies et qui ont été
composés entre 1887 et 1894 par Constantin Vélitchkov,
que cet effort se traduit le mieux dans la littérature bulgare
de l'époque. Ces sonnets, encore appelés «constantinopolitains»,
se présentent en effet dans ce recueil
comme de brèves effusions, de rapides confessions ou
de courtes méditations dominées pour la plupart par
l'attachement à son pays natal, la Bulgarie.
Ces sonnets ont été choisis et traduits, plus exactement
transposés et recréés en français, en Bulgarie, dès
1972, par un traducteur, Lubomir Guentchev, qui était
né en 1907 à Pazardjik et qui est décédé en 1981 à
Plovdiv dans l'obscurité la plus totale, après avoir été
persécuté, sa vie durant, pour avoir enseigné de 1933 à
1948 la langue française au collège «Saint-Augustin»
des frères de l'Ordre des Assomptionnistes à Plovdiv.
Ce premier volume de ses Écrits inédits lui rend
hommage.