Le dur métier de la terre d'avant la mécanisation, a marqué profondément l'esprit paysan. « Manger son pain noir en premier » comme on disait alors, c'est-à-dire le plus difficile dès l'enfance, paraissait même être la meilleure école pour affronter les difficultés de la vie future. Par contre, si les valeurs du travail et de l'épargne, érigées en véritable culte dans le monde rural étaient un atout pour succéder à ses parents dans la ferme, elles n'étaient pas suffisantes pour se hisser au sommet de la société civile. C'est ce que nous verrons avec Francis, ce garçon venu des profondeurs de la Bourgogne. Sa grande ambition, son intelligence, les vertus héritées de son milieu paysan, son service militaire viril et formateur lui permettront-ils de surmonter sa propre crédulité, face au monde impitoyable des affaires ? L'auteur a développé un sens de l'observation aiguisé pour faire vivre la rencontre passionnée, parfois drôle, dramatique aussi, mais toujours émouvante, de ce jeune bourguignon en butte avec les pièges qu'il découvre dans la vie urbaine, dans la profession immobilière, dans la justice et dans une Alsace qui, pour aussi belle qu'elle soit, est loin d'être sortie de ses bouleversements linguistiques et identitaires d'après-guerre.