Cet ouvrage est le premier d'une série d'études inédites du
monde du déporté des camps nazis de la Seconde Guerre
mondiale. C'est la question du pardon dans ce contexte
qui a d'abord retenu toute l'attention d'un groupe de chercheurs
et d'amis de différentes disciplines et des quatre coins du monde.
Le pardon témoigne de la manière dont le déporté trouve les
moyens, quand il a survécu, de se positionner par rapport au
pouvoir destructeur de l'extrême droite nazie. La devise de mise
est « ni haine ni oubli ». Mais certains trouvent dans le pardon une
façon de se retrouver eux-mêmes. D'autres, d'une façon presque
épidermique et tout à fait légitime, ne peuvent pas l'envisager.
Cela dit, lorsqu'une personne ne peut pas pardonner un mal
extrême, l'impardonnable semble faire obstacle à la liberté de
penser et la personne reste assiégée par l'horreur du souvenir
qui peut resurgir à partir des choses les plus simples de la vie
quotidienne. La libération est-elle vraiment possible ? Comment
se négocie-t-elle psychiquement ou anthropologiquement ?
Les études présentées ici sont issues du travail effectué par les
chercheurs de façon théorique et sur le terrain. Elles sont le
résultat d'un travail de dialogue et d'écoute. Elles montrent toute
la portée de la barbarie et l'importance de la prévention. Elles
illustrent aussi l'extraordinaire pouvoir de la résistance humaine.