L'oeuvre de Marcel Duchamp est-elle soluble dans le western littéraire et la science-fiction
has been ? Un défi qui n'aurait pas déplu au fameux Victor (ou Totor), lequel
érigea le détournement en art majeur.
Mais le talent excessif de Toby Olson ne se limite pas à nous faire prendre un urinoir
portatif pour un combiné téléphonique ou à peindre Rrose Sélavy en «rebouteuse
alternative» des maladies masculines. Shows pornos en Arizona, construction de
toilettes en plein air pour les beatniks, visites de musée à Philadelphie ou expéditions
futuristes dans le désert de Sonora, tout est prétexte à revisiter une oeuvre fondamentale
de la modernité artistique, qui elle-même questionne avec acuité notre
quotidien le plus intime : notre relation au désir, au sexe, à la maladie et au corps,
notre rapport au réel tout court.
Sous le regard actif du lecteur impliqué dans ce «boîtage» inventif et complexe, dont
les motifs romanesques s'imbriquent et se démultiplient jusqu'au vertige, l'auteur de
Seaview et de La Femme qui échappa à la honte déploie les plus beaux artifices d'une
oeuvre ouverte.