La poésie est de tous les temps, c'est une spécialité
fondamentale de notre vie. Au dix-neuvième siècle on
disait déjà que :
«La métromanie ou la manie de composer des vers
serait bien moins ridicule si elle n'était devenue une passion
quasi générale. Les règles de la simple versification
sont relativement faciles à apprendre. Il n'est presque personne
qui par paresse n'apprécie ce genre de travail, et
dont l'amour propre ne le flatte d'obtenir en peu de temps
les grands honneurs du Parnasse, c'est-à-dire un peu de
fumée que l'orgueil grossit et que le temps ou la nouveauté
dissipe tôt ou tard. Il est difficile d'être jeune et de vivre
à Paris sans avoir envie de composer des vers. Mais
comme il n'appartient ni au théâtre ni au cinéma ni à
l'amour de donner du génie, il arrive aussi que les poètes
dont le nom perdure sont ceux qui n'ont pas d'autre maître
et d'autre modèle que la nature».
J'ai observé que les poètes contemporains se disputent
à propos de la qualité de la composition de leurs
poèmes. En effet, les règles qu'ils appliquent semblent
relever de contraintes que certains considérent comme particulièrement
floues. C'est pourquoi j'ai décidé de re
publier un texte ancien qui peut être considéré comme un
mode opératoire auquel on peut se référer et ensuite adopter
une partie des recommandations qu'il expose.
J'espère que cette lecture sera de nature à aider la
poésie française contemporaine. Le cas échéant ce rappel
aussi permettra de révéler l'écart qui existe entre la poésie
bien construite et celle qui l'est moins.