Il est plus aisé pour un savant de l’islam (‘âlim) d’interpréter la Loi (sharia), de pratiquer l’exégèse du Coran, de commenter la Sunna du Prophète…, que de parler de Dieu Lui-même. L’erreur dans le premier cas paraît moins grave, alors que de discourir sur Dieu paraît moralement et religieusement comme une témérité irrévérencieuse. Comment en effet avoir un discours sur l’Incommensurable, l’Indéfinissable, le Transcendant : « À qui rien n’est semblable » ? La théologie peut-elle être possible ? Peut-elle être légale et légitime ? Parler de Dieu, Son Essence, Ses Attributs et Ses Actes, c’est courir le risque de se tromper de Dieu. Et se tromper de Dieu,c’est plus que se tromper de Religion. Car si cette dernière est la voie, Dieu reste en principe son objectif et sa finalité. Dans cette optique, commettre une erreur au sujet de Dieu, c’est manquer le chemin et le but. Le sujet paraît donc grave.