L'étonnant dans ce nouveau recueil de Brigitte
Egger-Béarn est de voir les vérités de la vie
témoigner à nu, en liberté totale, par la bouche de
l'amour en sa joie débridée, son expression
débordante, sauvage, jusqu'à l'anéantissement du
soi, au profit de l'autre, dans l'autre...
«Mourir en amour pour renaître autrement»,
comme la poétesse le dit si bien elle-même.
Et puis, sans que la transition nous choque, il y a
l'autre Mort, celle qui m'attend déjà à la gare
terminus et dont Brigitte parle dans ce grand volet
poétique qui dévoile ses étoffes devant nous, avec
des nuances étonnantes d'émotion, dont l'ampleur,
la gravité m'ont surpris, bouleversé, en présence de
cette souffrance qui n'en finit pas d'évoluer, de
grandir, jusqu'à devenir douleur où les mots mêmes
ne suffisent plus, où il ne reste qu'un signe que
nous sommes appelés à devenir.