Le retour de René Princeteau dans le Libournais à partir de 1883 marque le début de ses grandes compositions célébrant la vie rurale. Le peintre quitte Paris en plein succès pour se réfugier dans sa propriété de Pontus, à Fronsac, où il va devenir, durant près de trente ans, l'observateur attentif et passionné du monde rural, rythmé par les saisons et les travaux des champs.
À travers ses oeuvres, Princeteau glorifie la campagne, exalte la fécondité, la richesse de la terre et le labeur des hommes. Le peintre suggère les odeurs, les reflets des sols retournés, l'âpreté du travail aux champs, la morsure des vents d'automne, la froidure de l'hiver.
Les derniers paysages, nés vers le déclin désenchanté de sa vie, expriment la totale indépendance picturale dans laquelle Princeteau, isolé dans son monde silencieux, se réfugie. Le peintre restera exigeant jusqu'à la fin de sa vie et ses tableaux sont beaucoup plus qu'une transcription simpliste de la réalité. Il renouvelle les éléments morphologiques du paysage et les associe dans des combinaisons inédites, exprimant son sens de la lumière et des atmosphères, leur prêtant - du moins peut-on le supposer - une signification symbolique en rapport avec ses états d'âme.