Joséphine Colombe est une Pieds Noirs. En 1830,
les indigènes d'Algérie surnommèrent ainsi les
conquérants français à cause de leurs bottes. Un
de ses aïeux, capitaine, débarqua avec cette armée
sur la plage de Sidi-Ferruch (Alger). Les autres
émigrèrent des quatre coins de l'Europe et optèrent
pour la nationalité de leur nouvelle Patrie, à
qui ils donnèrent leur sueur et leur sang. Dans ses
veines coule un cocktail européen «français, espagnol,
italien et mahonnais».
Elle est française par son nom et sa naissance en
Algérie française, alors département n° 91.
Elle a 15 ans lorsque la Toussaint rouge déclenche
la tourmente dans son pays. Elle a connu les
attentats, la peur, l'angoisse et la mort au quotidien.
Vivant à Alger, elle a participé de près ou de
loin à tous les grands événements durant ces
années d'incertitude, passant de l'espoir au désespoir.
Elle a souffert de l'échec du putsch des généraux,
cru en l'OAS et lutté pour elle avec ses
humbles moyens, aux côtés de celui qu'elle avait
épousé en 1957. Elle a connu la fougue et la folie
de Bab-El-Oued qui aspirait à devenir une
République OAS».
En 1962, l'exode massif des Pieds Noirs surprit les
Métropolitains et ils durent faire face à l'incompréhension
et le mépris d'une grande majorité de
ce peuple qui ne les connaissait pas. Ils n'ont pas
baissé les bras et leur intégration est une des plus
réussie.
Tout ce que Joséphine Colombe écrit dans ce livre
est la Vérité. Pourtant, au crépuscule de sa vie,
elle perçoit les choses différemment : l'Algérie française
a sans doute été un leurre qui a duré 132 ans
et dont ses habitants, toutes confessions confondues,
ont été les victimes.