Conversations de Georges Lapierre avec Rubencia et David Venegas sur le mouvement social dans l'état d'Oxaca au Mexique. Dans la ville d'Oxaca, l'insurrection des quartiers populaires a pu se développer et constituer une manace réelle pour le pouvoir parce qu'elle a su renouer très vite avec un mode de vie communautaire, dont elle retrouvait les automatismes au fur et à mesure de son déploiement. C'est dans la nostalgie d'une vie communautaire encore proche qu'elle a trouvé ses appuis et puisé son sens. La communication est le point de départ de tout mouvement insurrectionnel : les gens sont dangereux pour l'ordre quand ils se mettent à communiquer ... C'est une étincelle, bien souvent, qui allume le feu de la communication ; dans le cas d'Oxaca, c'est la brutalité de la répression contre les maîtres d'école le 14 juin 2006 qui a tout déclenché. La rencontre de la lute pour le territoire et l'autonomie menée par les peuples indiens des différentes régions de l'Etat d'Oxaca et l'insurrection urbaine pour une autre société a constitué aux yeux de l'Etat un moment critique : celui de tous les périls...