Un couvent délabré, quelque part en Espagne, appartenant à un ordre (La Résignation Arménienne) dissous depuis longtemps, lors d'un quelconque Concile. Une époque indéfinie, peut-être contemporaine?
Sabadeo, ingénieur des ponts et chaussées, en proie à des coliques de feu, cherchant de l'aide, se trouve piégé dans ce mystérieux couvent.
Ce huis clos sera la scène d'un étrange et énigmatique rituel de rédemption, de miracle et de martyre. Il aura pour protagonistes un enfant malingre et agressif, tenu pour le diable et adoré par les deux nonnes aux seins coupés, illuminées, libertaires, animées par l'amour fou, irréductible, mystique du mal incarné par le gamin. Leur but est de convaincre Dieu d'accorder son pardon au diable. À mesure que la douleur, la fureur et la terreur de Sabadeo s'accroissent, l'exaltation mystique des religieuses s'intensifie, le tout ponctué par les «facéties» sataniques, atroces de l'enfant. L'hystérie, le délire atteignent leur paroxysme. Avec la mort de Sabadeo le miracle se produit. L'amour et le mal ont triomphé. L'enfant transformé en angelot démoniaque, monté sur une moto, part vers le ciel.
En recourant aux archétypes et aux mythes collectifs, aux procédés grotesques, aux effets esperpentiques, iconoclastes, Francisco Nieva fait sauter la soupape de la normalité et libère l'irrationnel qui nous habite.