Dans les grandes villes d'Europe près de 70% des personnes prostituées sont des migrantes, d'Europe de l'Est, d'Afrique subsaharienne ou d'Amérique latine. En France, elles sont assignées tantôt à des victimes de la traite, tantôt à être des délinquantes (délit de racolage et séjour irrégulier). Dans la réalité, on ignore le plus souvent qui elles sont et comment elles vivent. Après avoir étudié leur processus migratoire et leur mode de vie en Europe, dans un ouvrage précédent, nous étudions ici leurs rapports à la santé, et en particulier à la prévention du VIH, et leurs processus de mobilisation sociale en France. Cette recherche est le fruit de plus de dix ans de travail de terrain, de collaboration antre les différents acteurs en présence : travailleuses-eurs du sexe (migrants ou non), intervenant-e-s de terrain et chercheur-euse-s. le recueil de données et d'informations s'est déroulé sur deux ans, impliquant la mise en contact de près de 1 000 personnes et l'étude détaillée des conditions de vie, opinions, attitudes et pratiques de certaines d'entre elles. Cette recherche permet d'avoir une compréhension à la fois globale et localisée des enjeux de la mobilisation contre l'épidémie à VIH dans le champ de la prostitution des femmes migrantes en France, à Toulouse et à Lyon en particulier.