J'avais toujours été un citoyen exemplaire,
soucieux de participer au maintien de ce
monde de progrès : je m'acquittais de mes
devoirs, j'effectuais mes rondes bénévoles
obligatoires, je participais aux réunions de
vie civile et à toutes les tâches et activités
recommandées fortement par les divers
coachs affectés au bloc, telles les séances de
motivation productivistes et consuméristes.
Je m'étais toujours senti concerné par
l'intérêt de vivre dans un pays propre et
sain pour le bénéfice de tous, et ce, dans
une perspective de développement durable
écobiopolitique. Dans ce cadre, l'ordre et
les contraintes inhérentes à la vie sociale ne
m'avaient même jamais effrayé : j'en avais
toujours su l'impérative nécessité pour que
soit possible un harmonieux "vivre
ensemble".
Mais, un soir, on m'a fait lire un prospectus
vantant le stage de réappropriation
tabagique.