Je me sens pénétré de deux impressions profondes :
la première, c'est que la science n'a pas de patrie ;
la seconde, qui paraît exclusive de la première, mais n'en
est pourtant qu'une conséquence directe, c'est que la
science est la plus haute personnification de la patrie.
La science n'a pas de patrie, parce que le savoir est le
patrimoine de l'humanité, le flambeau qui éclaire le
monde. La science doit être la plus haute personnification
de la patrie, parce que, de tous les peuples, celui-là
sera toujours le premier qui marchera le premier par
les travaux de la pensée et de l'intelligence.
... Quand... on est enfin arrivé à la certitude,
on éprouve une des plus grandes joies que puisse
ressentir l'âme humaine, et la pensée que l'on
contribuera à l'honneur de son pays rend cette joie plus
profonde encore. Si la science n'a pas de patrie, l'homme
de science doit en avoir une, et c'est à elle
qu'il doit reporter l'influence que ses travaux
peuvent avoir dans le monde.
Louis Pasteur.