«Le 11 janvier 2013, la France entre en guerre contre les
"terroristes" du Nord-Mali. Soudain, le monde tourne son regard
inquiet vers une région du globe complètement inconnue la veille
encore, un pays que ses habitants nomment l'Azawad. Dans le portrait
qu'on m'en trace, le vocabulaire qu'on utilise, les images qu'on me
montre, derrière les comparaisons hasardeuses - l'Afghanistan, l'Irak,
la Libye -, je n'arrive pas à reconnaître cette région, ce pauvre pays
de sable et de rocs, sec comme un os, ce pays de vents incessants, de
nomades et de misère qui, pourtant, est au coeur de mon existence
depuis près de 35 ans».
Parce que sa dette envers cette région du monde est «infinie», Gael
Baryin a pris parti. Ces temps-ci plus que jamais, quand les liaisons
téléphoniques le permettent, il dialogue presque quotidiennement
avec ses amis en guerre. Avec toute la puissance d'évocation que
confère l'amitié, il nous dresse ici le portrait sensible et lucide d'une
région et de son peuple en lutte depuis plus de 50 ans, évoquant tour à
tour son histoire, sa culture et le mode de vie nomade. Son témoignage
est unique et précieux. Il permet de comprendre le point de vue des
Touaregs Kel Adagh de la région de Kidal - berceau du MNLA et
d'Ansar ed-Din - sur la tragédie dont leur terre est, une fois de plus, le
théâtre, et de mesurer à quel point il est urgent, si c'est la paix qu'on
souhaite pour le Nord-Mali, que celui-ci soit enfin pris en compte.