Melmoth réconcilié fut inspiré à Blazac par Melmoth,
l'homme errant de Charles Robert Maturin (1782-1824).
Ce récit fantastique est aussi une critique sociale de l'Angleterre
du XIXe siècle et une mise en accusation de l'Église
catholique. Il a fasciné entre autres Baudelaire, Lautréamont,
Oscar Wilde.
Dans sa dédicace au général de Pommereul, Balzac
définit ainsi le caissier qui sera la proie du héros de son
roman : «Il est une nature d'hommes que la civilisation
obtient dans le règne social, comme les fleuristes créent
dans le règne végétal par l'éducation de la serre, une espèce
hybride qu'ils ne peuvent reproduire ni par semis, ni par
bouture. Cet homme est un caissier, véritable produit anthropomorphe,
arrosé par les idées religieuses, maintenu
par la guillotine, ébranché par le vice, et qui pousse à un
troisième étage entre une femme estimable et des enfants
ennuyeux.»
Ce court roman publié en 1835 laisse entrevoir le mysticisme
de Balzac qu'on retrouve dans d'autres de ses oeuvres
où la rédemption est un préalable à la mort.