Le Juif Filippo Ebreo, c'est Stendhal lui-même dans
un moment désagréable de sa vie.
Le 6 novembre 1830, il part pour Trieste, où il a été
nommé consul. Là, c'est l'hiver, il fait froid, Trieste
n'est pas cette Italie qu'il aime tant. L'écrivain est tombé
amoureux d'une jeune italienne, Giulia Rinieri, et le
jour-même de son départ pour l'Italie, il a écrit à son tuteur,
Daniello Berlinghieri, pour lui demander sa main.
Elle lui sera refusée. C'est donc dans l'inquiétude et
dans l'incertitude de son sort qu'il s'est rendu à Trieste.
Dans ce moment de doute, Stendhal projette d'autant
plus ses fantasmes dans son oeuvre. Il s'identifie alors à
Filippo, Juif errant mal aimé, se heurtant sans cesse à
des embarras tant administratifs que sentimentaux.
L'argent, que Filippo dit beaucoup aimer, symbolise
l'écriture et la pensée qui participent de la recherche du
bonheur pour Stendhal. Par elles, il espère le succès, la
richesse, la gloire et aussi l'amour.