Avec le début du XXe siècle, la colonie des peintres d'Etaples s'épanouit et
prend un caractère international. Ils arrivent des quatre coins du monde, de Nouvelle-Zélande,
d'Australie, de Norvège, d'Angleterre, du Canada et des Etats-Unis, pour un séjour estival ou
pour le reste de leur vie. Les Américains fournissent le plus gros des troupes. Modèles pittoresques,
variété des paysages, proximité de Paris, chaleur de l'accueil, fraternité de langue,
mais encore laboratoire d'expériences picturales, Etaples et ses environs constituent un
véritable Eldorado artistique.
Originaire de Detroit, Myron Barlow (1873-1937) débarque à Etaples en 1900, tombe sous
le charme des lieux, s'installe dans le hameau voisin de Trépied où il peint l'essentiel de son
oeuvre. Demeuré fidèle à la figuration tout au long de sa carrière artistique, et sourd aux aventures
expérimentales des avant-gardes, il déploie la puissance de son art dans des scènes qu'il
parvient à soustraire à la banalité des contingences matérielles par des accords inédits de couleur et un sens aigu du dessin.
Myron Barlow nous offre aujourd'hui le témoignage d'un peintre solitaire exclusivement occupé à sublimer la femme dans ses
activités familières. Attaché à la reconnaissance de cette Ecole d'Etaples, encore injustement méconnue en France, le Département
du Pas-de-Calais fait redécouvrir, par cette publication et l'exposition qu'elle accompagne, un artiste qui érigea un pont entre
les côtes du Pas-de-Calais et les contrées américaines.