Dans Passes noires, Giosuè Calaciura prête sa voix à Fiona, une prostituée noire de Palerme, porte-parole des esclaves contemporaines que sont ces jeunes femmes enfermées dans "les maisons d’Afrique". Après avoir écrit ce roman, l’auteur italien s’est rendu en Ouganda pour parcourir à rebours le voyage de ces femmes et faire le récit de leur exil, de leur perte identitaire. Conte du bidonville est né de cette quête de l’origine qui a mené l’écrivain du Nord vers le Sud. Le cadre de vie dans lequel évoluent les personnages, le bidonville de Makere iii, est un espace fracturé par la coexistence de différentes langues et dialectes, l’anglais du colonisateur se déformant à travers ses usages métaphoriques.