L'intranquille n° 8
L'intranquille a choisi depuis le début de publier des traductions ainsi que des nouveaux poètes francophones. Pour ce numéro 8, restant sur la voie orientée par Pessoa, la revue propose les premières pages d'un texte (à suivre) de José Vidal Valicourt traduit de l'espagnol, situé à Lisbonne : Lisboa Song. Roman qu'on dira littéraire, révélant une écriture. L'auteur publie également en Espagne un livre de poèmes - Meseta - chez El Gaviero.
Les poètes présentés ici n'avaient pas encore publié dans l'intranquille, à l'exception d'Elisabeth Morcellet : des femmes y réinventent leurs corps, et les lithographies de Cendres Lavy s'y ajustent.
À l'heure des intolérances et des exclusions, la thématique proposée : « Bohémiens, gitans... » est surtout abordée - sans intention des éditeurs - par des femmes poètes. Également textes de Flaubert, Rabah Belamri : Jean Sénac a toujours imaginé son père en gitan ; une lettre de George Sand à Flaubert, Bohémiens des mers, où elle écrit : « Les gens du pays les abominent, et disent qu'ils n'ont aucune espèce de religion. Si cela est, ils doivent être supérieurs à nous. »
Un dossier à l'occasion du vingtième anniversaire de la disparition de l'écrivain algérien d'expression française Rabah Belamri : quelques extraits de son oeuvre (poèmes, romans), un texte prémonitoire sur l'Islam... Et des articles le concernant par Le Clézio, De Ceccatty.
FORD MADOX FORD que nous avions « découvert » grâce à Fabienne Couécou dans le n° 6 de l'intranquille, et au téléfilm Parade's End produit par Arte, revient pour le chapitre XIXème siècle. Son engagement poétique : « un romancier est avant tout un poète », ne fait qu'un avec son engagement d'écrivain au sein d'une Angleterre figée qui exploite les ouvriers à grande échelle.
Dans la rubrique critique, pas de congratulations, d'encensements d'auteurs très médiatisés : Jean-Pierre Bobillot et sa rubrique « VOIX, etc. », une page sur Bernard Heidsieck, (1924-2015) ; Françoise Favretto avec un choix de ce qu'elle a reçu, et la participation d'un nouvelle venue : Marie Cazenave.
Si le journal de VALPRÉMY s'interrompt, c'est qu'il va être publié en 4 volumes de près de 500 pages chacun par l'association Les amis de Michel Valprémy. Premier volume annoncé cette année, belle surprise !