Syrie décembre 1098, un flot de migrants animés par un souffle religieux et encadrés par des barons implacables et soutenus par le pape Urbain, génère des milliers de morts en carnages atroces. Belgique, mars 2016, un flot de migrants infiltrés par des fanatiques religieux sous les ordres de l’État Islamique, sème la terreur. On les dit assoiffés de vengeance. Lors d'un attentat dans le métro, un professeur d'histoire médiévale échappe miraculeusement à la mort lorsqu'un migrant, devant lui, le protège inconsciemment et meurt à sa place. Traumatisé psychologiquement par la déflagration, l'homme perd le sens du réel et sombre dans une confusion complexe, mêlant ses recherches sur les croisades et le temps présent. Il s'isole dans le tunnel du métro, muni du pistolet que cachait son sauveur, sans pouvoir s'expliquer les raisons de ce geste. Son désarroi est d'autant plus intense que sa femme et sa fille viennent de le quitter au terme d’une dispute. Il en arrive à intégrer les personnages d’aujourd’hui dans un épisode particulièrement interpellant de la première Croisade, jusqu’à s’y inclure lui-même. Sa confusion est telle qu’il s’y identifie totalement ; le chevauchement de cet épisode et l'organisation de sa vie clandestine l’amène à prendre progressivement la place de son sauveur, de poursuivre et achever son geste de vengeance. Quand comprendrons-nous donc que « chez ces gens-là, monsieur, on ne parle pas, on ne prie pas », on tue ?