Pourquoi la musique ? Cette interrogation, Jean Brun la voit se détacher sur un fond de temps et d'espace où elle se colore de toutes les intonations de la voix humaine, de tous les états de la conscience. La musique a fait l'objet de nombreuses études théoriques, historiques ou ethnographiques. Des spécialistes ont étudié les diverses sortes de gammes, de tempéraments ou de rythmes -, ils se sont penchés sur l'apparition, au cours de l'histoire européenne, des types successifs de composition musicale. Pourtant, pour instructives et enrichissantes que soient ces études techniques, historiques ou comparatives, elles étudient les musiques, mais ne se soucient guère de réfléchir sur l'essence de la musique. Du chant grégorien à l'avènement de la " mécamusique ", en passant par Guillaume de Machaut, Bach, Mozart, Beethoven, Ravel, Stravinsky, pour ne citer que quelques noms, Jean Brun étudie le mystère de l'expérience musicale en tant que celle-ci constitue une relation fondamentale de la conscience à elle-même, aux autres, au monde et à la Présence invisible qui les sous-tend en les dominant. Car la musique parle sans dire ceci ni cela, elle ne traduit que l'intraduisible ; tout son être demeure au-delà des mots, et s'il lui arrive de les porter c'est pour qu'ils puissent accéder à une dimension que le langage ne saurait leur conférer, à un lieu qu'aucun espace ne peut entourer : celui du Logos.