Nulle part plus qu’en Bretagne le particularisme des lieux n’implique plus de différences légitimes : c’est dire que villes et contrées revendiquent le droit à la différence. Nulle ville n’a plus d’arguments étonnants que Pontivy et j’aime que ce beau livre, que j’ai l’honneur de préfacer, commence par un exposé géographique. Ainsi le cadre -j’allais dire, comme au théâtre, le décor - est planté. La représentation peut commencer. Et quel décor que le château des Rohan dominant de sa masse élégante la ville impériale - Napoléonville - étonnant témoignage d’une temps où la France passait des fleurs de lys aux aigles par les faisceaux de la Révolution des Parisiens. Ville symbole des mutations de la France profonde, ville précieuse, témoin des passés qui s’accumulent, se stratifient, se fondent et doivent, pour être lisibles encore par les nouvelles générations, identifiables, déchiffrables, être décrits et situés, repris et retracés sur l’éternelle toile de l’Histoire où se déforme et pâlit très vite, trop vite peut-être, le souvenir des hommes. Pierre Miquel