Gergovie, patrie de Vercingétorix, ne s'est jamais trouvée sur le plateau désert que l'on montre aux touristes, mais dans le village médiéval du Crest, sur l'éperon de la montagne de la Serre.
Cinq point-clés:
1. la bataille de Gergovie, telle qu'elle fut
2. le message du vase de Vix
3. le temple de Gergovie
4. l'empereur de Gergovie et sa basilique
5. le mystère de l'Atlantide
(Livre de format 16/24, cahiers cousus, 384 pages, 119 illustrations)
E. Mourey
bibracte.com
On sait que la louve qui allaita Romulus et Remus était le symbole de Rome. Le symbole de Gergovie n'aurait-il pas été... une salamandre?... une salamandre semblable à celle qui figure sur une monnaie gauloise?... une salamandre géante qui se serait incarnée et pétrifiée dans une forme originale du terrain?... une sorte de dragon... un dinosaure?
Et voilà que surgit du sol, à un endroit insoupçonné, une autre Gergovie, non pas sur les côtes désertes de Clermont, mais au sud, à environ 12 kilomètres de la ville: une Gergovie bien différente de celle qu'on imaginait. La salamandre géante s'est-elle incarnée dans le profil caractéristique de la montagne de la Serre? Faut-il rechercher l'oppidum et la vieille ville de Gergovie à l'extrémité de cette montagne, sur l'éperon, là où se dresse aujourd'hui le village du Crest?
L'auteur, latiniste, a retraduit en tacticien les Commentaires de Jules César. Dans son interprétation de la bataille, il ne remet pas en cause le dispositif des armées romaines révélé par les fouilles du second Empire (grand camp de Gondole et petit camp de La Roche-Blanche). Mais au lieu de lancer l'attaque de César à droite, sur Merdogne, il la lance à gauche, sur Le Crest. Toute la manoeuvre se trouve ainsi basculée au sud de l'Auzon. Tout se passe autour de la montagne de la Serre.
Au milieu des ruines médiévales, où faut-il situer les remparts antiques? Faut-il rechercher le temple arverne dans l'église actuelle du Crest? Peut-on retrouver des messages allégoriques, d'inspiration druidique, dans des sculptures primitives de chapiteaux? Y a-t-il un rapport entre l'Atlantide de Platon et cette nouvelle Gergovie?
Prenant à contre-pied toutes les thèses jusque-là admises, l'auteur affirme ensuite que le fameux vase de Vix découvert au mont Lassois en 1953 - le plus beau cratère que jamais la terre ait porté - a été fabriqué par Gergovie dans ses forges de St-Amand-Tallende. Puis, il fait un bond jusqu'au Vème siècle. La description que Sidoïne Apollinaire donne de sa "villa", il l'applique sur la montagne de la Serre: le résultat est étonnant.
Poursuivant dans ses hypothèses audacieuses, l'auteur voit l'empereur Avitus (455 - 456) dans un palais situé sur la hauteur du Crest. L'église Notre-Dame du Port dont on fait remonter, à tort, la construction au XIème siècle ne serait-elle pas, à l'origine, la basilique de cet empereur, et l'église de Brioude, son mausolée?
Impossible! Incroyable!... et pourtant. Mais alors, nous Français qui nous considérons comme les hommes les plus intelligents de la terre, cela signifierait... que nous n'avons rien compris à notre Histoire... que nos livres sont remplis de contre-vérités... que notre enseignement est faux... que ce que nous disons avec assurance aux touristes est absurde... que ce à quoi nous croyons est peut-être entièrement à repenser?
« Il y a fragilité dans le savoir historique le plus assuré. Celui-ci, comme tout savoir scientifique, est, en dépit des corrections et des vérifications, sans cesse remis en question sous l'effet de documents nouveaux, ou, plus encore, du nouveau regard sur les documents anciens. » ( E. Morin: "Pour sortir du XXème siècle"