Après le choc du 11 septembre 2001, l'administration de George W. Bush renouait, en s'emparant de l'Iraq en 2003, avec les méthodes des puissances impérialistes des siècles passés dont le monde pensait s'être débarrassées avec la fin des guerres coloniales. Après une victoire militaire incontestable mais sans panache sur un régime exsangue et qui a conduit à une conquête contestée aux suites peu glorieuses, l'Empire américain se satisfera-t-il de cette expédition ou sera-t-il tenté par d'autres aventures ? Où mène-t-il le monde, sous le drapeau d'une lutte antiterroriste qui prend souvent les allures d'une croisade anti-islamique ? L'Iraq marque-t-il une fin ou un début ? Cela oblige à revenir sur l'essor paradoxal de la puissance des États-Unis. Au moment où, avec la chute de l'Empire soviétique, le rêve étasunien d'unifier le monde sous sa direction, brossé par Woodrow Wilson au début du XXe siècle, semblait à portée de main, voilà justement que les fondements économiques, politiques et moraux de cette direction commencent à faire sérieusement défaut. Ne faut-il pas rechercher là les racines de ces irrésistibles pulsions de puissance solitaire et d'impétueuse brutalité ? Comment éviter cette course à l'abîme où la tentation de l'Empire global nous précipite ? Autant de questions auxquelles le présent ouvrage voudrait apporter un certain éclairage.