Nous présentons ici l'étude ponctuelle et systématique, menée pour la
première fois sur la plus importante collection de sarcophages païens
en France, après celle du musée du Louvre. Ces sarcophages (une petite
centaine), entiers ou en état de fragments de taille variée, parmi lesquels de
nombreux inédits, sont d'une grande valeur historique, car ils sont issus du
sol de la ville d'Arles. Il ne s'agit pas d'un simple répertoire, mais d'une analyse
de données scientifiques diverses, selon une méthodologie de la recherche
moderne. Il est important de pouvoir classer ces sarcophages par les ateliers
de production. De ce fait, la collaboration avec des géologues, appliquant
de multiples méthodes d'investigation sur des échantillons de marbre ou
de calcaire, s'est révélée très profitable et a permis de préciser l'origine des
pierres. La mise en parallèle de données issues de l'analyse typologique,
stylistique ou bien iconographique des pièces, et leur comparaison avec des
séries bien connues ailleurs dans le monde méditerranéen antique, comme
l'observation de leurs particularités, ont permis de retrouver leurs ateliers
de production et de les dater.
Ainsi, est confirmée désormais l'existence d'ateliers locaux très actifs à
Arles, travaillant le calcaire, aussi bien que le marbre importé. L'étude de ces
sarcophages enrichit considérablement nos connaissances sur la sculpture
provinciale d'époque impériale. Cependant des pièces fort intéressantes ont
été importées à Arles d'Italie, d'Asie Mineure et de Grèce, et attestent les
échanges de produits finis, mais également de procédés de fabrication et de
modèles iconographiques. Enfin, l'étude des thèmes choisis pour le décor
de ces sarcophages nous fait entrer en contact avec les goûts et la mentalité
des Arlésiens de l'Antiquité. L'ouvrage constitue ainsi un panorama de la
sculpture funéraire de la ville d'Arles et offre un témoignage éloquent de
son opulence et de l'importance de son activité artistique et commerciale
du IIe siècle au IVe siècle de notre ère.