1845 - 1918, c'est entre ces deux dates que s'inscrit la vie d'Auguste-Marie Jacot. Né à Metz, il y connut les péripéties de la défaite de 1870. Ordonné prêtre en Algérie en 1873, il revient en Lorraine annexée en 1887 après avoir été curé dans un petit village du département des Vosges. Prêtre catholique germanophile, il se démarqua de ses confrères lorrains très majoritairement favorables à la France 1. La personnalité, le caractère, le comportement et les choix politiques de l'abbé Jacot lui ont fait suivre un itinéraire singulier. Cet homme, bien oublié aujourd'hui, défraya la chronique en Alsace-Lorraine, mais aussi en France et en Allemagne. Il a été l'un des rares prêtres lorrains à s'efforcer, bien qu'ignorant la langue allemande, de faire de ses compatriotes, de ses ouailles et de ses confrères, de fidèles sujets de l'Allemagne. Nous avons voulu rapporter ici les péripéties parfois cocasses de sa vie. Les replacer dans leur environnement permet de lire l'histoire au filtre d'un quotidien souvent déconcertant, mais révélateur des rapports conflictuels qu'entretinrent à cette époque l'église catholique, la société laïque et l'empire allemand.