Pourquoi George W. Bush prend ses ordres de Pascal Lamy». Ce titre d'un journal américain a de quoi surprendre de ce côté-ci de l'Atlantique! De rapports économiques en analyses politiques, tout confirme plutôt la faiblesse relative de l'Europe vis-à-vis des Etats-Unis. Quels arguments l'auteur a-t-il à faire valoir? Il présente d'abord plusieurs exemples de la «puissance» européenne. A bien y regarder, tous sont largement à relativiser. Pour aller plus loin, l'article cherche alors à montrer les piliers qui fondent la suprématie de l'Europe. Le premier tient à l'existence de l'Union européenne elle-même, et aux principes de la souveraineté partagée qu'elle met en avant. Peut-être que quelques lectures à propos des débats récents sur la répudiation du pacte de stabilité par la France et l'Allemagne et la certitude que des consultations populaires refuseraient la Constitution européenne dans plusieurs pays auraient dû être prises en compte... Un autre pilier repose sur la dépendance de l'économie des Etats-Unis par rapport à celle de l'Europe. En fait, pour eux, l'Asie compte beaucoup plus. Quant à l'argument selon lequel l'euro créerait un concurrent terrible pour le dollar, il a déjà été balayé dans cette revue avec persuasion par le professeur américain Benjamin J. Cohen. Bien que bâtie, en partie, pour faire pièce à la suprématie américaine, l'Europe n'est pas à la hauteur des Etats-Unis sur la scène mondiale.